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PASCAL CRIBIER, MORT D'UN GRAND JARDINIER

C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la disparition du grand paysagiste français Pascal Cribier. Auteur de près de 180 jardins à travers le monde, ce natif de Louviers dans l'Eure (1953)comptait parmi les plus grands paysagistes français de sa génération, au même titre que Gilles Clément ou Louis Benech. Attentif à des problématiques aussi diverses que la restauration des jardins historiques ou celle des milieux naturels, l'aménagement du territoire, la botanique, dont il était un connaisseur curieux et fasciné, Pascal Cribier se définissait avant tout comme un jardinier. Il laisse derrière lui une œuvre irréductible à tout autre, dont son domaine de Varengeville (Normandie) fut l'un des laboratoires.

Son travail donna lieu, en 2009, à un livre majeur, Itinéraires d'un Jardinier, paru en 2009 chez Xavier Barral. Des auteurs issus de disciplines aussi variées que l'histoire de l'art,l'architecture et la botanique (citons Monique Mosser, Francis Hallé, PatrickEcoutin, Laurent Le Bon) y donnaient toute la mesure de ses créations. Les jurés du Prix René Pechère firent de ce chef-d’œuvre atypique leur lauréat en2010.

A la suite de ce Prix, Pascal Cribier et ses collaborateurs conçurent pour la Bibliothèque René Pechère l'exposition« Stockage/déstockage » (2012), inscrite in situ dans le cadre architectural du CIVA.

Nous rendrons plus longuement hommage à Pascal Cribier, à l'homme exceptionnel qu'il était comme à la portée de ses créations,dans notre bulletin à venir.

Interview de Pascal Cribier et Cyril  Prestiani par Pascal Goffaux

le 18 janvier 2013 à l’occasion de l’expositionStockage/déstockage à la bibliothèque René Pechere.

Pascal Goffaux :

Pascal Cribier bonjour.

Vous avez été lauréat du Prix Pechere en 2010 avec un ouvrage qui avait pour titre

« Itinéraire d’un jardinier », et vous êtes àprésent commissaire d’une exposition « Stockage/  déstockage » qui est présentée à labibliothèque René Pechere. Cette bibliothèque est située au CIVA, dans les bâtimentsdu CIVA, 55 rue de l’Ermitage à Bruxelles.

Vous êtes distrait, vous êtes arrivé à la bibliothèque parpure distraction mais vous avez observé, malgré tout, quelque chose.

 

Pascal Cribier :

Je ne sais pas si c’est de l’observation, mas en venant recevoirle prix, qui m’a fait très plaisir, j’ai remarqué en haut de l’escalier qu’il yavait une fenêtre et j’ai tout de suite posé à Gaspard Jedwab, qui dirige labibliothèque, cette question : mais que se passe-t-il derrière cettefenêtre, derrière ce talus ? Pourquoi ce grand vide dans le cœur deBruxelles ?

C’est là qu’il m’a annoncé qu’il y avait un réservoir d’eaude 20.000m3 qui stockait de l’eau pour de nombreux habitants d’Ixelles et de laville. C’est un des plus vieux de Bruxelles. Il est de  1850 et est magnifique hélas on n’a pas purentrer à l’intérieur mais on a pu le filmer et donc le démarrage del’exposition est sur cette fenêtre, cadrée sur ce talus aujourd’hui boisé etplanté mais on devine le grand vide autour et surtout, je trouve très étonnantque pour venir dans une bibliothèque on passe devant un stockage d’eau, pouraller vers un stockage de livres et comme j’avais en tête depuis pas mald’années cette idée dans l’urbanisme en tous cas du « stockage et dudéstockage , qui est vraiment un enjeu incroyable pour les civilisations, pourles enjeux urbains, pour l’ économie, pour les décisions administratives, on apensé avec Valérie Egles qui est la scénographe de cette exposition, qu’onpouvait présenter 36 objets  puisquel’exposition a débuté le 12/12/12 théoriquement à 12 heures. On pouvaitmultiplier par 3 ce chiffre et présenter simplement, sur des tables quiexistaient avec des lampes de la bibliothèque, 36 objets qui peuvent semblerêtre anodins ou en tous cas usuels chaque jour pour les gens qui vivent  et traversent les villes et qui ont quandmême des histoires singulières et des particularités.

 

Pascal Goffaux :

Alors, je prends une citation : jardiner c’est abîmerla nature, c’est aussi respecter le terrain. J’ai l’impression que finalementici vous avez respecté l’histoire du lieu aussi à partir de cette cuve d’eau destockage, votre réflexion a fonctionné.

 

Pascal Cribier :

De toujours être attentif au contexte et d’être attentif auvivant, aussi bien évidemment celui du monde végétal qui me passionne que celuides êtres humains qui s’en occupent, et j’ai toujours voulu faire cettedifférence entre jardin, nature et paysage puisque le jardin est un lieu deplaisir, d’ornementation et je pense que dès que l’on crée un jardin, sans lesavoir, on est en train de détruire un écho-système. Le paysage est aucontraire une pure invention de l’homme aussi bien culturelle que sociétalepuisque on veut, dans le paysage, toujours raccourcir la distance, raccourcirle temps alors qu’au contraire, dans le jardin, on veut donner l’illusion qu’ilest plus grand que la réalité. Et puis, la nature, je crois, est à une touteautre échelle qui ne correspond absolument pas à celle de l’être humain qui vasur des durées beaucoup plus longues ou au contraire très très brèves avec desréactions très étonnantes, et puis, sur des dimensions qui ne sont absolumentpas celles ni du jardin ni du paysage comme on le conçoit au quotidien.

 

Pascal Goffaux :

Et le paysage stocke aussi les végétaux. Ils sont aussi vosmodèles ?

Pascal Cribier :

Les modèles ? non je n’irai pas jusqu’auxbio-mimétismes qui sont des sciences nouvelles qui sont absolument fascinantesmais quand on commence à jardiner, les jardiniers se projettent d’ailleurs dansl’avenir puisqu’ en automne et au début de l’hiver on est tous occupés àplanter des bulbes et c’est quand même absolument superbe de penser que lesfeuilles qui sèchent après la floraison viennent, si je ne dis pas de bêtise,redonner du stock d’énergie à son propre bulbe pour pouvoir refleurir etrepousser la saison suivante et donc, cette idée pareille des souches que l’onmontre sur la terrasse, visible par une toute petite ouverture,

de penser et on me l’a expliqué depuis longtemps, mais jen’arrive jamais à m’imaginer comment des racines peuvent stocker de l’azote quiest dans l’air pour ensuite en profiter et en faire profiter les végétaux quisont autour d’elles.

Il y a des familles de plantes, comme les légumineuses oules éléagnacées qui arrivent à stocker, sur leurs propres racines, des petitsnodules d’azote qui sont comme de l’engrais mais de l’engrais tout à faitnaturel et donc je trouve que les stratégies qu’ont les plantes dans la nature,sont tout le temps subjugantes et fascinantes pour beaucoup d’entre elles.

 

Pascal Goffaux :

Vous avez des yeux de rêveur et en fait vous avez uneréflexion aussi de scientifique, est-ce que c’est l’approche écologique,éthique, sociale, philosophique qui précède l’esthétique ?

 

Pascal Cribier :

Non, on ne veut donner aucune leçon. Je ne suis absolumentpas scientifique. On a de la chance d’être avec Cyril Prestiani qui nous abeaucoup aidés pour cette exposition et de toutes les façons, la scienceelle-même avance chaque année, à chaque décennie, est toujours remise en causeet on ne voit plus les choses de la même façon. Il y a deux professions qui mefascinent depuis que je suis gamin, ce sont les botanistes qui sont dans unmonde incroyable et les chercheurs, et les botanistes qui font du terrain etpuis, les musiciens car je trouve qu’ils sont totalement déconnectés de cetteréalité et cette réalité, en aucun cas cette petite exposition ne veut donnerde leçons d’écologie ou des leçons de savoir-vivre puisque l’on a voulu, parexemple, volontairement montrer des haricots secs.

Vaut-il mieux cuire pendant une heure ses propres haricotssecs avec du gaz qui vient de Russie ou d’ailleurs, ou au contraire faut-il lesacheter déjà sous vide, précuits en les mettant 30 secondes au micro-ondes.

Quelle est l’empreinte carbone la plus respectueuse pourl’environnement ?

Faire confiance aux industriels qui eux, par économie et parrentabilité vont créeun paysage d’exploitation, de culture, évidemment detransport de ces haricots secs et ensuite de distribution ou nous mêmes, aucontraire comme on veut souvent le proposer, faire un potager en ville, prendrede la place en ville ou à côté des villes ? Il faut à peu près un demi ou1 hectare pour une famille afin de pouvoir assurer sa propre survie avec sonpotager donc récolter soi-même ses propres cultures, ses propres légumes etensuite consommer énormément d’énergie pour les faire cuire ou, ce que l’onfaisait souvent dans les campagnes, les stériliser. On voyait des marmitescuire pendant des heures et des heures.

Etait-ce bien ? Je n’en sais rien.

Pareil, je sais qu’aujourd’hui dans les jardins, il estinterdit pratiquement dans toute l’Europe, de faire des feux en hiver. C’est la2 ou 3e pollution carbonée dans l’atmosphère européenne et quand,grâce à des gens comme Cyril on nous dit que les parquets de bois qui sontexposés ici sur des surfaces très restreintes vont avoir cette mêmeconsommation pour se dégrader non plus en quelques heures comme quand vousfaites un feu dans votre jardin mais pendant des siècles et des siècles,restituer cette énergie qui aura été stockée par le bois, je trouve cela assezfascinant cet espèce de cycle à toutes les échelles du temps et à toutes leséchelles, que l’on touche au quotidien puisqu’il y a juste à côté de vous desdisques durs, une petite carte à puce d’une cabine téléphonique et aujourd’huije crois que les gens ne se rendent pas compte de tout ce travail de stockageet déstockage aussi bien au niveau d’un ordinateur que d’un bulbe ou aucontraire d’un parquet de bois qu’on foule en venant au CIVA.

 

Pascal Goffaux :

Alors, peut-être une image pour les auditeurs qui ne sontpas dans cette salle d’exposition, parce que cette salle ressemble à  un cabinet de curiosités, il y a énormémentde choses : des

plantes vivantes, des graines, des rayons de ruches, il y ades objets qui sont emblématiques du stockage mais qui sont plus apparentésfinalement à l’univers des déchets dans notre imaginaire, une boîte de conservepar exemple…

 

Pascal Cribier :

Ce n’est pas un déchet une boîte de conserve. Quand vousimaginez justement l’efficacité du corned beef avec ses fameuses DLC qui sontdes dates très raccourcies qui permettent ensuite de les redistribuer.Est-ceque ce n’est pas une façon de stocker l’énergie dont nous avons besoin auquotidien qui est quand même d’une grande efficacité, peut-être plus en touscas en ce qui concerne l’empreinte carbone quand je vois qu’en France la marquepréférée des français est Picard surgelés et vous savez ce que c’est quel’empreinte carbone : des congélateurs, des camions frigorifiques etsurtout ne pas faire de rupture dans la chaîne du froid et que tout le mondemet son micro-ondes, sans s’en apercevoir, en 1 seconde. C’est la marquepréférée des français à 85% qui aussi, à 85% veulent une vie plus écologique.

Donc c’est un peu ces espèces de contradictions dans la vieau quotidien qui est de toutes façons la question qui est posée très souventaux paysagistes.

Quel est l’enjeu, au quotidien aux paysagistes dans leséquipes d’urbanistes sur les projets d’études urbaines qui sont de plus en pluscomplexes.

 

Pascal Goffaux :

Alors je me tourne vers Cyril Preciani

Qui êtes-vous ?

Je voudrais vous demander que nous raconte un boulet decharbon dans ce modèle du stockage/déstockage ?:

 

Cyril Preciani :

Alors moi, je suis paléo-botaniste de métier c’est-à-direque j’étudie les plantes fossiles et donc les plantes qui ont permisl’accumulation de ces charbons entr’autres.

Concernant la question sur le charbon, qu’est-ce que çanous enseigne ? qu’est-ce que ça nous apprend ? Simplement que lecharbon est finalement une sorte de stockage à long terme, une sorte de stasedans la dégradation des végétaux. Le carbone est maintenu dans un état stabledans des couches de roches très anciennes il évolue très lentement et est sensérester là très longtemps.

Cependant, l’homme aujourd’hui, tout comme le pétrole, commeavec les lignites en Allemagne, le consomme abusivement de manière très rapidedéstockant très très vite ce qui a été accumulé pendant presque 50 millionsd’années, il y a plus de 300 millions d’années.

 

Pascal Goffaux :

Il y a de très beaux fossiles dans l’exposition.

Que peut-on en dire ?

 

Cyril Priciani:

Ce sont des fossiles de coraux. Les fossiles de coraux sontune autre manière d’exemplifier cette accumulation au sens géologique du terme.Ce n’est plus un stock pour les vivants, c’est un stockage pour l’atmosphère,pour le climat, c’est presque ce que l’on pourrait considérer comme la plusgrande forme de stockage et c’est finalement de la matière carbonée qui est piégéesous une forme cristalline et qui, là aussi, montre un petit peu qu’il y alongtemps ça s’est progressivement accumulé et que là de nouveau on est occupéà casser, démolir, brûler en récupérer la chaux très rapidement et lâcherénormément de CO2 dans l’atmosphère sur quelque chose qui s’accumule, qui s’accumule depuis tant de millionsd’années.

 

Pascal Cribier :

Et donc nous, en quelques décennies, c’est pour ça quel’exposition, qui va un peu en diagonale du réservoir d’Ixelles vers labibliothèque, se termine par une petite vidéo qui s’intitule « Du ventdans les cultivars » qui est une de mes obsessions

 

Pascal Goffaux :

Il y a trop de vent ?

 

Pascal Cribier :

Ce n’est pas qu’il y a trop de vent, mais les jardiniers quisont au quotidien  dans leur proprejardin se rendent compte et s’aperçoivent et sont plus attentifs à ce qui peutse passer sur ces quelques degrés de différence sur un vent qui est de plus enplus constant je crois depuis 10 ou 15 ans. Vous pouvez en parler aux pilotesd’avions ou aux navigateurs, ils battent tous des records grâce à cela et on apréparé, avec une amie, une petite vidéo puisque depuis plusieurs années je filme tous ces magnifiques cultivars.Les cultivars ce sont…  mais Cyrilexpliquera mieux que moi ce sont toutes ces plantes croisées qui dans lesjardins d’ornement sont, on va dire, de plus en plus belles par leur feuillageou par leur floraison mais là aussi, dans l’agro alimentaire comme mêmel’alimentation de base qui fait que la carotte sauvage n’aurait pas réussi ànourrir toute la population de la ville de Bruxelles, et donc on fait deslégumes qui sont de plus en plus consommables facilement sont de plus en plusefficaces pour nourrir des pays entiers et donc, derrière ces recherches trèstrès pointues , comme un peu une côte comète, il y a les obtenteurs dans lespépinières et très souvent dans les pépinières belges et hollandaises et jevoulais faire ce clin d’œil par rapport au CIVA où l’on cherche des cultivarsou des hybrides qui sont de plus en plus spectaculaires.

J’ai quand même un peu l’impression que ce qui est en trainde se dérouler sous nos yeux c’est un vent constant qui s’établit, hélas, aux 4coins du globe et donc il y a, un peu symboliquement cette vision de cesplantes spectaculaires très éloignées maintenant des propres types botaniques,c’est-à-dire souvent des floraisons un peu discrètes ou des feuillages un peuneutres qui sont devenus de plus en plus spectaculaires pas vraiment parornementation et plaisir du jardinage et, en tant que jardinier je trouvaisamusant de finir sur une très jolie graine d’une liane tropicale magnifique uneénorme liane fait cette gousse sur plusieurs mètres de haut et d’avoir un peude farine où là aussi, on pensait que peut-être finalement la farine c’était uneénergie éolienne précédemment en tous cas, lors des moulins qui permettaient destocker le blé dont toutes les civilisations européennes avaient besoin.

 

Pascal Goffaux :

En fait cette exposition elle ressembla aussi un peu à a uneespèce d’installation, accumulation qu’aurait imaginé un artiste contemporain,ce n’est pas conceptuel forcément mais il y a des textes qui donnent desinformations de manière assez didactique. Mais, vous avez fait un passage parles Beaux-Arts non ?

 

Pascal Cribier :

Pour revenir sur les textes, je crois que les visiteursprendront le temps de lire les textes de Cyril Prestiani ainsi que ceux de DanySoto qui réexpliquent chacun de ces 36 objets, je dirais d’une façon plusanecdotique et cette façon dont on ne se rend pas compte à chaque fois quelsera le gestes suivant par rapport à ce que l’on a décidé, il y a évidemment ducharençon ou d’autres choses qui arrivent dans la farine si vous ne savez pasla stocker. C’est très complexe.

Je suis toujours très amusé de penser moi-même j’ai pensé unpeu à ce stockage/déstockage .

J’ai des pommiers en Normandie et on a eu tous à peu près10% de notre récolte habituelle cette année à cause du gel tardif qui estsurvenu au mois de mai, peut-être identique en Belgique et je sais que mes pommes,je n’arrive pas à la stocker. Mes pommes ça, j’en suis très fier quand je lesconsomme à la fin de l’hiver alors que n’importe quel producteur  a, dans sa chambre froide 2 ou 3° avec uncertain type de gaz et ça m’amuse de penser qu’on a un espèce de gesteécologique en croquant dans une pomme au lieu de croquer dans un MacDonald dontla graine de tomate elle, au contraire, va tomber au sol et vous allez avoir unplant de tomates qui va germer entre deux joints de bitume, bitume qui estd’ailleurs exposé d’ailleurs ici aussi. Il y a toujours cette espèced’ambiguïté : vaut-il mieux consommer du MacDo très très efficace, trèsrentable ou, là aussi imaginer qu’on a une attitude écologique en croquant dansune pomme qui a été gardée pendant 9 mois dans un congélateur et Cyril me ditparfois plus,  dans un frigo à 2 ou 3°.

 

Pascal Goffaux :

Vous avez là un discours subversif ?

 

Pascal Cribier :

Non il n’est pas subversif mais simplement réaliste. Quandvous travaillez dans les jardins et sur des projets urbains, on a beaucouptravaillé dans les zones industrielles, mais je crois sincèrement quej’interdirais les glaces l’été et les sorbets. C’est quand même monstrueuxl’empreinte carbone de chaque cornet de glace… Donc tout cela est très trèsambigu et on voit bien, de toutes les façons, que l’empreinte carbone de chaquecivilisation s’amplifie chaque année et ce n’est pas parce que l’on a aujourd’huides disques durs dont on connaît les déchets, des métaux rares, des terresrares, qui sont absolument faramineux vraiment colossaux qu’on a arrêté d’avoirdes livres et dans cette expo, il y a des lampes halogènes ; je suis sûrque Gaspard a une ou deux bougies s’il fallait, parce que tout tombe en rade.On a également des petites ampoules. L’homme ne peut pas s’empêcher de toutesfaçons, d’accumuler, de stocker tout et je crois qu’il est grand temps dedéstocker.

 

Pascal Goffaux :

Cela coûte de l’énergie aussi…

 

Pascal Cribier :

Mais non mais non, si on déstocke calmement on pourrait,peut-être que Cyril a quelques vues la dessus ?

 

Pascal Goffaux :

Je vous ai vu acquiescer plusieurs fois…

Alors le mot de la fin ?

 

Cyril Perciani :

Je pense que le mot de la fin est : on peut attirer leregard versce morceau de bitume qui se trouve ici dans l’exposition qui estquand même une des marques de l’humanité, c’est ce bitume dont nous couvrons laplanète qui n’est rien d’autre que le déchet ultime du pétrole que nous avonsexploité, extrait de la nature, transformé, dont nous avons extrait absolumenttout ce qui était utile pour notre société hyper consumériste et le déchet quinous embête, cette chose gluante on la tape sur nos routes pour pouvoir roulerdessus et ça me fait penser énormément à ce qui se passe chez les végétauxpuisque c’est exactement la même chose. Ces végétaux produisent des déchets qui les embêtent très fort et passentleur temps à tapisser les cellules pour elles se rigidifier.

Les plantes adorent le bitume et poussent très bien dans lebitume et de toutes façons, continueront à coloniser là où on auraeffectivement répandu des grandes surfaces de parking et de routes.

 

Pascal Goffaux :

Pascal Cribier aime aussi beaucoup le bitume…

 

Pascal Cribier :

Ah j’aime aussi le bitume, pour marcher c’est trèsconfortable, c’est doux et l’odeur du bitume au moment des premières gouttes depluie d’orage. On a une odeur de plante, c’est extraordinaire, c’est unjasminol qui est produit par des bactéries qui sont remises à la vie par lespremières gouttes d’eau après une chaleur.

Je viens de le découvrir, c’est merveilleux.

 

 

 

 

 

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